THE AGONY SCENE: Tormentor (2018) Metalcore

Publié le par TopheR

Outerloop Records

 

 

THE AGONY SCENE, voilà bien un groupe qui semble être passé à côté d'une grande carrière, et qui avait une vision particulièrement agressive du Metalcore, bien loin des ténors du genre. D'ailleurs, comment comprendre cette scène aujourd'hui, ou la plupart des combos qui la compose semblent vouloir s'en éloigner, en aseptisant leurs compositions, un comble dans un style musical qui se voulait revendicatif et violent, le pendant moderne du Punk et du Hardcore en somme... Que penser de groupes tel que Trivium, Bring Me The Horizon, Bullet For My Valentine et autres Killswitch Engage aujourd'hui ? Si certains semblent partis vers un Metal plus traditionnel, d'autres sont passés en une décennie d'un Deathcore à la hype certaine à du Popcore sirupeux, quand les suivants hurlent encore un peu sans trop de conviction, alors que les derniers ne semblent plus qu'une parodie d'eux-même...

Et c'est donc dans ce bordel sans nom, que revient une bande d'allumés notoires, natifs de Tulsa dans l'Oklahoma, qui avait lâché l'affaire il y a une décennie. Auteur dans le milieu des années 2000 de trois albums qui auraient mérité plus de considération ( 'The Agony Scene' en 2003, 'The Darkest Red' en 2005 & 'Get Damned' en 2007 ) de par le style employé, THE AGONY SCENE avait une vision bien particulière du Metalcore, plus proche de la scène Européenne d'ailleurs, que l'on pourrait rapprocher d'un certain Heaven Shall Burn, si vous voyez ce que je veux dire. Considéré comme un groupe de Metal Chrétien à ses débuts, son premier album étant sorti sous le label Solid State Records, spécialisé dans le genre, propos démenti par le groupe qui s'est toujours considéré comme sans conviction religieuse particulière...

Alors qu'en est-il de ce 'Tormentor' finalement ? Si vous pensiez que THE AGONY SCENE allait adoucir son propos, après une pause de 10 ans, vous pouvez vous fourrer le doigt dans l'œil jusqu'à l'omoplate ! On a même ici l'album le plus violent et direct de la carrière du groupe, allant à contre-sens de la scène dont le groupe est issu. D'ailleurs si 'Tormentor' n'est pas un album conceptuel, il possède un thème sous-jacent, résumé en quelques mots par son guitariste Chris Emmons: “C'est l'idée d'un créateur fou et manipulateur, un Tormentor de toute l'humanité, si vous voulez. Les paroles touchent également à l'idée qu'une croyance inconditionnelle en un tel créateur et une doctrine infaillible peuvent conduire à un monde plus chaotique et sombre dans de nombreux cas”.

Après "Awakening" qui sert d'intro minimaliste, on arrive aux choses sérieuses avec un "Hand Of The Divine", qui nous rappelle cette histoire sordide qui date de 2003, ou un père de famille, John Allen Rubio, “aidé” par sa compagne, massacrera ses trois enfants, les considérant comme des démons... Ambiance quand tu nous tiens ! Dès le début, on se retrouve dans une situation oppressante, un état d'urgence qui ne faillira pas dans les 10 titres que forment cet album, avec un batteur fou furieux qui blaste à tout va, un chant hurlé qui ne faiblit pas une seule seconde de la part d'un Mike Williams qui semble possédé par son sujet et une paire de guitaristes qui ne font pas semblant et en imposent avec des riffs lourds et malsains, qui ne sont pas par moment sans faire penser au Black-Metal Norvégien, comme l'illustre si bien un titre aussi furieux que "Like The Weeds In The Fields" notamment. C'est violent, c'est sale, c'est brutal, et on en redemande !

Alors certes, comme tous ces albums sans concession aucune, on en arrive à une redondance certaine, car ici point de place pour le chant clair et autres joyeusetés du genre, seulement un album de Metalcore jusqu'au-boutiste, qui n'hésite pas à piocher dans le Death-Metal, le Thrash ou même parfois le Grindcore pour enfoncer l'auditeur dans ce que l'humanité a de plus sombre et malsain... Et si le but que s'était fixé THE AGONY SCENE était de retranscrire tout ça en musique, nul doute qu'il semble arrivé à ses fins !

Publié dans album

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