CULT OF LUNA: A Dawn To Fear (2019) Post-Metal

Publié le par TopheR

Metal Blade Records

 

Le Metal est un style de musique particulier, on le sait tous, qui aime classer les groupes, les artistes, dans des genres, dans des cases bien spécifiques, ce qui peut se comprendre quand on connaît un tant soit peu cet univers saturé. Il y a 50 ans naissait le Hard-Rock et le Heavy-Metal avec maintenant des figures légendaires ( Led Zeppelin, Deep Purple, Black Sabbath... ) qui ont posé les fondations d'un genre musical , qui comme le cosmos, semble s'étendre à l'infini de nos jours. Peut-on simplement ranger dans la case 'Metal' des groupes qui œuvrent dans des sous-genres tels que le Black-Metal, le Gothique, le Symphonique, le Deathcore ou le Metal Progressif ? Assurément non, me hurleront dans les esgourdes les Metalheads de tous poils, qui se considèrent tous comme frères mais aiment montrer leurs différences de goûts au reste du monde qui n'y comprend rien, et n'y voit qu'un maelström sonore... Alors oui, je dois bien avouer que cette peut-être trop longue introduction ( une fois de plus me diront certains ) n'est là que pour poser la question du jour, dans quel style peut-on ranger CULT OF LUNA ? Post-Metal ? Post-Hardcore ? Sludge-Metal ?

Car si le groupe Suédois créé il y a 20 ans par Magnus Linberg & Johannes Persson a acquis depuis ses titres de noblesse auprès de groupes aussi illustres que Neurosis, Isis ou Godflesh, il semble ne pas avoir de limites en terme d'expérimentations artistiques et surtout musicales. Après avoir assommé, fait halluciner ses fans avec ses précédentes productions, notamment avec les albums 'Vertikal' et 'Mariner', voici revenir CULT OF LUNA avec un huitième album, 'A Dawn To Fear', véritable monolithe qui offre 78 minutes de musique en seulement 8 titres... Alors certes, nos Suédois nous avaient habitué à des albums qui possédaient des structures bien éloignées du Metal traditionnel, mais là ils semblent encore vouloir franchir une étape, explorant de nouvelles terres, offrant une œuvre presque contemplative mais surtout intense aux multiple ramifications.

Parmi les 8 titres qui composent cet album, pas moins de la moitié s'étend au-delà des 10 minutes, et permet au groupe d'expérimenter tout un tas de choses, allant de parties organiques qui écrasent tout sur son passage notamment grâce à une section rythmique pachydermique, emmenée par une basse saturée au possible, ainsi qu'un chant hurlé d'un Johannes Persson qui finit le travail, comme le montre si bien le colossal "Nightwalkers". A côté de ça, on a droit à des titres à l'opposé, oniriques à souhait, comme "We Feel The End" ou "Inland Rain", qui se veulent émotionnels à la voix susurrée ou gutturale suivant le besoin, posant des ambiances parfois proches du shoegaze, emmenant ces titres aux portes du sublime.

'A Dawn To Fear' se termine d'ailleurs par un "The Fall" complexe, emblématique de ce qu'a toujours été CULT OF LUNA, une fusion d'éléments ou la brutalité et les ténèbres se confondent avec des arpèges de guitares sensibles et vulnérables, qui ne sont pas sans rappeler parfois le Metal atmosphérique de Katatonia et de tous ces groupes que l'on cantonne dans ce style fourre-tout qu'est le Dark-Metal. Alors oui, il faudra du temps pour assimiler, comprendre cet album imposant, majestueux et vulnérable à la fois, qui mérite bien plus qu'une écoute rapide sur Deezer ou Spotify et qu'aucune chronique ne pourra résumer en quelques lignes, aussi démonstrative soit-elle... 

Publié dans album

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