THERAPHOSA: Transcendence (2020) Dark-Metal

Publié le par TopheR

 

A l'image de l'arachnide dont il tire son nom, le trio français THERAPHOSA aime prendre son temps. Fondé en 2007 et se considérant comme une fratrie, même si seulement Vincent ( Chant, Guitare ) et Matthieu ( Basse ) sont unis par le sang, Martin étant un ami d'enfance, mais ayant une réplique parfaite pour l'expliquer "2 frères par le sang, 3 pour le sang versé", le groupe Francilien a pris le temps de mûrir à son rythme. Celui-ci ne sortant quelque chose de conséquent qu'en 2018 sous la forme d'un EP 5 titres simplement titré 'Theraphosa', qui a été reçu par de belles critiques à sa sortie. Enregistré en Finlande sous la coupe du batteur de Amorphis Jan Rechberger, et mixé par Mika Jussila aux Finnvox Studios d'Helsinki ( Nightwish, Stratovarius ou encore Children Of Bodom ), cet EP sera une sacrée carte de visite pour la suite...

Nous voici donc au stade supérieur, celui d'un véritable album longue-durée, qui arrive finalement assez vite, puisque le groupe n'aura mis que 2 ans pour enfanter 'Transcendence'. Pour cela, THERAPHOSA a collaboré avec Francis Caste aux Studios Saint-Marthe, producteur des derniers albums de The Great Old Ones et Regarde Les Hommes Tomber, entre autres... Il aurait pu tomber sur bien pire, non ?

Dire que THERAPHOSA joue un Metal sombre et torturé est un doux euphémisme, et même s'il propose quelque chose de différent à l'auditeur, je n'ai pu m'empêcher de penser en l'écoutant à un groupe qui a rendu les armes assez récemment, The Old Dead Tree. Tous ceux qui ont, un jour ou l'autre, posé une oreille attentive sur le groupe de Manuel Munoz ( aujourd'hui dans Arkan... ), ne peuvent pas ne pas y avoir pensé, ne serait-ce qu'un instant, en écoutant un morceau comme "The Curse Of Chronos". Car comme TODT en son temps, notre trio se joue des barrières musicales, ouvrant ce disque avec un "Stigmata Of The Purest Pain", son riff d'intro d'une lourdeur abyssale et son chant guttural de rigueur qui vous scotche littéralement au mur, vous emmenant dans les ténèbres, contrebalancé dans l'instant suivant par des arpèges et un chant clair enchanteurs.

Ecouter 'Transcendence' est une expérience presque spirituelle ou la lourdeur du Doom peut côtoyer le groove du Thrash, en partant dans des expérimentations progressives et atmosphériques que n'aurait pas renié Katatonia, notamment sur "Mother Night", qui est l'exemple parfait de ce que propose THERAPHOSA en un peu plus de 8 minutes d'enchantement musical. Le groupe offre d'ailleurs une relecture intéressante de "Obsession" ( titre déjà présent sur l'EP sorti en 2018 ), qui laissera à l'auditeur le choix de la version qu'il préfère, le mixage de Francis Caste faisant toute la différence avec la dernière itération.

A l'écoute répétée de 'Transcendence' pour la rédaction de cette chronique et pour le plaisir de se remettre dans l'ambiance de cet album aux contrastes saisissants, je me suis dit finalement que pour un pays aussi peu Rock que peut l'être la France ( qui est le dernier vrai groupe du genre depuis Noir Desir ? ), on avait quand même une scène Metal assez hallucinante, THERAPHOSA n'étant qu'un excellent groupe de plus à ajouter à une collection déjà bien fournie. Alors vous savez d'ores et déjà quoi faire pour la soutenir, non ?

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