DESTINITY: The Inside (2008- Rupture Music) [Thrash/Death Metal]

par Grover  -  3 Mai 2008, 05:19  -  #chroniques D'hier (2006 à 2010)

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Poursuivant sans relâche son évolution artistique dans les sphères d'un extrémisme musical acerbe et complaisant, DESTINITY  accouche pour sa fournée 2008 d'un nouveau rejeton : dernier-né d'une famille de vilains marmots. Enfanté soigneusement par une production danoise signée Jacob Hansen (Aborted, Destruction, Hatesphere...) et aguerri par l'héritage précieux de ses aînés, le petit dernier a fort belle allure. Le son, impeccable (malgré une batterie légèrement sous mixée) déverse avec puissance un death métal bien mordant. Les relents black qui marquèrent les premiers essais, en survie sur le fougueux  'Synthetic Existence'  de 2005, principalement dans l'approche vocale, se sont désormais exilés en d'autres lieux...

 

Pour autant, la filiation avec l'album précédent n'est pas à négliger. Le groupe se meut toujours dans un death mélodique sévèrement burné, d'inspiration suédoise et techniquement bien fourni. L'auditeur averti, aura le plaisir de se confronter à des passages évocateurs, fleurant bon Arch Enemy (le début de  'Escaping reality'  nous rappelle 'Doomsday Machine'), Pain (le refrain de  'Ready To Leave' ), Hypocrisy, mais également des formations comme Dimmu Borgir (la montée orchestrale de  'Inhuman Corrosive Report' ) ou encore Behemoth pour certains riffs. Ce brassage d'influences, largement digérées, témoigne d'une maîtrise dont les émanations pèsent, fatalement, sur la musique proposée.
  L'évolution tient dans des compositions solides dont la teneur fricote parfois avec une forme de complexité. La faute à des interventions de clavier adroitement disséminées dans le magma sonore, irriguant les contours d'une base structurelle déjà bien établie. Leur potentiel mélodique se déploie plus explicitement lors des refrains (Dark Tranquillity n'est jamais très loin) et se pose en soutien des chants clairs, épiques et guerriers, qui passé la surprise des premières écoutes s'avèrent finalement forts convaincants. Ces derniers parachèvent une diversité vocale qui va du growl grumeleux à des vocaux typés  modern death énergisant, en passant par des déclamations trashisantes, rejoignant ainsi les exploits des guitares (efficacité du riffing et solis dévastateurs). La charge rythmique (basse/batterie), cardiaque à l'image de l'artwork, martèle des pulsations à fréquence variable, frôlant souvent l'infarctus mais sachant également se faire moins frontale, plus aérée, en variant le jeu des tempos.
 

 

A l'arrivée, nous nous retrouvons face à un disque sensiblement sanguin. Tous les titres possèdent leur propre force de frappe, regorgent d'arrangements divers parsemés ici et là (orchestrations sympho dark, échos, voix parlée...) et forment en substance un condensé d'homogénéité qui assure les arrières du travail de création ; une cohérence rétorquant sans peine au souci d'assimilation.
Tout à fait palpitant!


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