THE GATHERING: The West Pole (2009) Rock Atmosphérique

Publié le par Jaleh

Psychonaut Records

 

 


 Voilà un petit moment déjà qu’on se languissait de découvrir le nouveau THE GATHERING, depuis le départ de notre chère et tant regrettée Anneke Van Giersbergen partie conquérir d’autres horizons musicaux…
Beaucoup de questions sur nos lèvres, notamment sur le/la nouveau/nouvelle chanteur/chanteuse…Sexe ? âge ? Parcours ? Mais surtout : allait-on vibrer comme nous l’avons tellement fait au fil des albums des Hollandais ? 'The West Pole' marque-t-il donc un tournant dans l’histoire du groupe comme 'Mandylion' l’a fait en 1995 ? Eh bien à mon humble avis, pas du tout. Mais cela de fait pas de lui un mauvais album bien au contraire. Ce nouvel opus s’inscrit donc en pleine continuité avec 'Home' : belles chansons, morceaux intimistes, parfois un peu plus rock, de l’émotion à foison, de l’énergie avec parcimonie, des mélodies entêtantes, pour résumer, du trip rock, la marque de fabrique du groupe.

L’album commence par une intro instrumentale rythmée et on a même le droit aux guitares saturées ! Ce morceau annonce légèrement le ton parfois rock, parfois plus tripant. Je passe à la piste 2 et là, qu’entends-je ? Ne serait-ce pas la chanteuse du groupe norvégien Octavia Sperati, groupe très fortement inspiré par THE GATHERING, justement ? Bingo ! C’est bien Silje Wergeland qui sera dorénavant la nouvelle voix du groupe ( bon il suffisait de lire les news pour être au courant, mais où aurait été le suspens dans tout ça ? ). La jeune femme avait déjà collaboré avec d’autres grands noms comme Enslaved ou Arcturus… Et on le comprend bien, quand on entend son timbre chaleureux et cristallin à la fois, on ne peut s’empêcher d’être sous le charme. Et pourtant, certains diront que ce n’est qu’une pâle copie de l’ancienne leader du groupe… Mais cet argument est-il en soi acceptable ? Peut-on résumer la carrière du combo à une chanteuse ? C’est tout simplement impossible. D’autant que Sijle chante divinement bien…

Quant à la musique, je dirais juste de ne pas se fier à la première fois ( comme pour beaucoup de choses me direz-vous ), cet album prend une dimension surprenante au fil des écoutes. Pour être honnête il n’y a pas un seul titre de 'The West Pole' que je trouve ennuyeux…Je pourrais citer toutes les pistes en disant que les morceaux sont sublimes, magnifiques, doux, forts, chaleureux, mélancoliques, lyriques… Autant d’adjectifs qui ne prennent sens qu’en s’imprégnant des compositions… Certains seront peut-être déçus par les rares apparitions de guitares saturées, mais ce n’est pas comme on s’y attendait vraiment…
Ce n’est donc pas un album spécialement nerveux mais certains morceaux pêchus vous feront quand même bouger votre corps ( qui a certainement un sens du rythme inné ) comme "A Constant Run" ou "All You Are" ( entre autres ). La musique est donc planante, énergique par moments, incroyablement douce et entêtante… Sur "You promised me a Symphony" seul le piano et la voix sont mis à l’honneur ( ce qui rappelle tout de même étrangement certaines compos d’Agua de Annique, nouveau groupe de l’ancienne chanteuse, mais pas de comparaisons douteuses, vous avez raison… ). Si vous aimez les mélodies chargées d’émotions vous aimerez forcément "No Bird Call". A noter l’apparition de deux autres vocalistes sur l’album: la Hollandaise Anne Van Den Hoogen et la mexicaine Marcela Bovio, qui officient toute les deux dans le groupe Stream Of Passion.

Nos amis hollandais n’ont donc pas pris de gros risques avec cet album que ce soit musicalement ou au chant : album proche du précédent, une voix très similaire à Anneke. C’est un peu l’ironie du sort, le groupe qui à chaque fois me surprenait par son audace et ses divers rebondissements musicaux me laisse ce coup-ci un sentiment de «déjà vu». Et pourtant, je peux dire en toute subjectivité : "plus j’écoute cet album, plus je l’aime".


Donc si je peux donner un conseil, c’est d’une part de laisser tomber la nostalgie à deux balles qui consiste à regretter l’ancien leader et à comparer systématiquement en disant "c’était mieux avant" ( si vous avez aimé 'Home', vous êtes susceptibles d’aimer 'The West Pole', donc… ), et d'autre part, se laisser envahir, écouter et ré-écouter, saisir toute l’émotion, toutes les subtilités, toutes les mélodies, et planer… Pour résumer , très bon album: faites tourner.

Publié dans album

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