Anathema+Anneke van Giersbergen+Petter Carlsen (Elysée-Montmartre_10 Octobre 2010)

par Guillaume  -  18 Octobre 2010, 14:40  -  #live-reports

flyer anathema 2

 

 

Les concerts (hors acoustiques) de ANATHEMA à Paris se sont comptés sur les doigts d'une main ces dernières années, et il faut croire que beaucoup de monde s'était donné le mot pour ne pas louper cette date rarissime. Grand bien leur a prit, car ce concert constituait un petit événement à ne pas louper!

 

Invité sur la tournée, le norvégien PETTER CARLSEN (qui ne bénéficie pas d'une grande notoriété, en France en tout cas) débarque seul sur scène avec sa guitare acoustique et va nous gratifier pendant une demie-heure d'une musique folk certes agréable mais pas vraiment adaptée au concert de ce soir. Assez mélancolique, sa musique encore méconnue du public ne conquit pas toute l'assistance qui, bien que très polie, ne déborde pas d'enthousiasme pour cet artiste pourtant talentueux.

A choisir, PETTER CARLSEN aura davantage sa place lors des prochains sets acoustiques des frangins Cavanagh et l'on pourra alors se délecter de ses oeuvres dans un plus grand recueillement. Les accompagnements d'Anneke van Giersbergen et de Danny Cavanagh susciteront des applaudissements un peu plus encourageants.

 

ANNEKE reste alors seule sur scène et c'est à son tour d'empoigner sa guitare acoustique. On commence gentiment avec 'Beautiful One', bon titre, bonne prestation, rien à redire. On enchaîne avec 'Locked Away' de The Gathering, avec 'Sunny Side Up', 'All I Want Is You' et enfin avec 'My Electricity' (où elle sera rejointe par ses deux comparses précédents).

Vous avez bien lu : "enfin". Cinq titres et puis s'en va. 20 minutes et puis c'est tout. On s'interroge d'abord, puis on se console en se disant qu'elle fera sa réapparition lors du set d'Anathema; étant donné que la demoiselle est coutumière du fait avec Danny.

 

Il est 20 heures lorsque ANATHEMA investit la scène sous de chaleureuses ovations. Pas de doutes, le public nombreux est tout acquit à sa cause. A noter qu'étrangement le public est très hétéroclite, et que la tranche d'âge varie entre le 15-50 ans! Si nombreux étaient ceux à s'étonner du prix des places (35€ quand meme!!!) pour un groupe d'une si modeste envergure; on ne peut pas dire que ANATHEMA se soit fichu des acheteurs. Laissant la part belle à leur dernier album 'We're Here Because We're Here', qu'ils joueront en intégralité, le groupe dispensera un set de qualité 2h30 durant.

Grosso-modo, le rythme du concert est assez facile à assimiler : 3-4 titres du dernier album, puis 3-4 titres de leurs anciennes productions. En soit, c'est là une stratégie plutôt intéressante et satisfaisante pour la plupart; car pour ceux un peu dubitatifs du résultat du petit dernier cela permet de maintenir une attention constante. Pour autant, force est de reconnaître que justement les titres de 'We're Here Because We're Here' passent très bien le cap du live (sans doute mieux que sur album en fait).

Pêle-mêle on retrouvera donc les grands classiques du groupe qui pioche allègrement dans la quasi-totalité de son répertoire (du moins depuis 'Eternity'). Manquaient à l'appel certains d'entre eux toutefois, et c'est à mon grand regret que je n'ai pas eu le plaisir d'entendre 'Pressure', 'Angelica' ou encore 'Inner Silence'. Mais gardons nous de cracher dans la soupe; ce concert était de très haute volée.

Contrairement à certaines prestations live où le groupe arrivait passablement éméché, ce coup-ci la sobriété était de mise; assurant par ailleurs une justesse à toute épreuve aussi bien au niveau instrumental que vocal. Le son était globalement très bon lui aussi, même si l'on pouvait constater certaines variations en cours de set, notamment au niveau des voix qui prenaient au fur et à mesure du set un gain de plus en plus important. Inutile de s'attarder sur le bien-fondé de la setlist; la liste ci-dessous parlant d'elle-même. La chanteuse Lee Douglas (dont c'était l'anniversaire, pour la petite anecdote) reste avec humilité une grande chanteuse, qui colle parfaitement avec le répertoire du groupe; et chacune de ses interventions est délicieuse. Émouvante et performante, de par son timbre de voix si particulier et son attitude discrète, elle parvient à s'imposer comme LA véritable chanteuse de la soirée. En parlant de chanteuse, quid d'Anneke? Et bien elle ne reviendra pas. Quel intérêt à un tel featuring si sa présence ne se résume qu'à 25 minutes pour plus de 3 heures de concert en tout? On ne peut s'empêcher de s'interroger sur le gâchis que cela représente; d'autant que l'idée d'un grand final avec elle et le reste du groupe aurait pu faire un véritable carton. Qu'importe, le public sera euphorique d'un bout à l'autre du set et reprendra les plus fameux refrains des classiques (en rythme, pour une fois) et ovationnera constamment le groupe qui lui en sera visiblement reconnaissant.

Restera de cette soirée un excellent souvenir, et que sans aucun doute Anathema aura remporté le suffrage de tous les cœurs ce soir-là. On espère seulement assister à leur retour bientôt, et je serai le premier à croiser les doigts pour cela!

 

La setlist :

Thin Air
Summernight Horizon
Dreaming Light
Everything
Balance
Closer
A Natural Disaster
Angels Walk Among Us
Presence
A Simple Mistake
Deep
Pitiless
Forgotten Hopes
Destiny Is Dead
Shroud of False
Lost Control
Destiny
Empty
Panic
Temporary Peace
Flying
Get Off, Get Out
Universal
Hindsight
Encore:
Are You There?
Parisienne Moonlight
Sleepless
One Last Goodbye
Fragile Dreams