DAGOBA: Poseidon (2010) Modern Metal

Publié le par TopheR

XIII Bis Records

 

 

Lorsque j'ai décidé de monter Metalupyourass.net en 2006, après avoir collaboré à plusieurs webzines, j'avais en tête de mettre en avant, à mon niveau évidemment, cette fameuse Scène française, cette French Touch, tant décriée par certains... Est-ce peut-être ce qu'on appelle, non sans humour, l'exception culturelle française, car depuis longtemps on remarque que le public de France et de Navarre semble avoir du mal à soutenir sa propre Scène, privilégiant souvent les grosses machines internationales, quitte à payer des prix exorbitants pour un billet de concert. Enfin bon, chacun son truc, hein ?

Pourtant, dans l'Hexagone, on a tous près de chez nous, des groupes carrés et pros qui n'ont rien à envier aux Scènes Suédoises & Hollandaises, à la seule différence près que leur public fait bloc pour les soutenir. Il n'y a qu'à s'intéresser au cas Gojira, groupe immense presque plus estimé outre-Atlantique que par chez nous, ou les frères Duplantier arrivent à tourner en tête d'affiche, mais on pourrait aussi parler du cas qui nous intéresse aujourd'hui, les Marseillais de DAGOBA, dont on a tous pu lire des choses plus ou moins agréables sur le net... Enfin bon, je suis à peu près convaincu que la bande à Shawter préfère que l'on parle d'eux en mal que pas du tout...

Donc nous voici en cette rentrée Metallique de Septembre 2010, spécialement chargée en sortie, avec un DAGOBA remonté à bloc et prêt à en découdre avec son quatrième album, 'Poseidon'. Première chose, le groupe semble avoir remis les choses à plat, après un 'Face The Colossus' discutable à la production que j'avais trouvé trop massive, avec un mixage de Tue Madsen qui ne rendait pas honneur aux compositions de l'époque. Mais ce n'est pas tout, car le groupe a aussi décidé de changer d'écurie, délaissant leurs homologues Marseillais de Season Of Mist pour XIIIBIS records. On ne peut que les encourager d'avoir osé se remettre en doute, surtout après avoir écouté attentivement ce nouveau disque, et quel disque mes enfants !

On commence donc par le thème de cette nouvelle offrande, qui raconte les aventures furieuses du Dieu Poséidon à bord d'un vaisseau pirate, dont chaque titre est une escale dans un point différent du Globe. Un concept-album qui ne sera pas sans nous faire penser à la saga Pirates Des Caraïbes, comme on a pu le remarquer avec les images promos sur MySpace...

Enfin, tout ça c'est bien beau, mais musicalement qu'est-ce que ça donne ? Est-ce une revirement musical ? Nos Marseillais vont-ils nous la jouer trendy avec un Death-Core douteux ?

Quitte à clore définitivement le débat, NON le groupe ne suit pas la meute mais remet simplement les pendules à l'heure, en retrouvant ce son qui avait fait son succès à ses débuts, et qui lui avait permis de faire la première partie de Rammstein. Là ou j'y vois un Modern-Metal furieux et massif, d'autres y verront peut-être un Power-Metal puissant, mais peu importe car DAGOBA, c'est un peut tout ça finalement. De l'Industriel qui tient autant de Rammstein que de Fear Factory en passant par des riffs purement heavy, ainsi qu'un chant toujours aussi halluciné de l'ami Shawter, qui n'hésite pas à piocher allègrement dans le Metal Extreme. Sans oublier des samples et autres machines que celui-ci utilise avec une aisance qui n'est pas sans nous rappeler les p'tits génies de Sybreed...

On ressort de l'écoute de 'Poseidon' avec le sentiment que le groupe a définitivement mûri, et n'a plus besoin d'ajouts pour briller. Je veux dire par là que DAGOBA a semble-t-il compris qu'il n'avait pas besoin de faire appel à un producteur de renom ou à la participation d'un Norvégien à la voix d'Ange pour faire valoir sa cause. C'est d'ailleurs un peu l'inverse, car c'est bien avec le retour à la production de Dave Chang que les choses brillent de nouveau, tant celui-ci a su capter l'essence même du combo. De "Dead Lion Reef" qui ouvre les hostilités avec fureur, jusqu'à "Waves Of Doom" qui clôt ce disque, on a affaire à un bloc qui, tel un bulldozer sans conducteur semble tout emporter sur son passage. Pourtant on remarque que le groupe Marseillais a acquis ici un talent d'écriture bien supérieur au passé comme il le prouve avec "Black Smokers" ( dont vous pourrez retrouver le clip en fin de chronique... ), et qui se confirme avec "Shen Lung" sans aucun doute le titre le plus posé et calme de ce disque.

Alors vous l'aurez compris, 'Poseidon' est une véritable tuerie qui fait office de renaissance pour un groupe qui mérite le respect, encore bien plus que par le passé, et qui a besoin de tout le soutien du public français plus que jamais. Rien que pour ça, il mérite bien d'être l'album de la rentrée !

Publié dans album

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